Timidité, trac, anxiété sociale ou trouble de personnalité évitante ?

Individus sociaux, nous nous devons de communiquer, d’échanger avec nos congénères afin d’assurer nos besoins : « La communication est une condition sine qua non de la vie humaine et de l’ordre social » (Watzlawick, Helmick-Beavin & Jackson, 1972). 

Mais que faire lorsque cet acte, à priori banal, se révèle être une source de mal aise voire même, de souffrance ? Quelles sont les réalités qui se cachent sous les termes de « timidité » ou d’« anxiété sociale » ? 

 

Le trac : Intense et ponctuel.

Rares sont les personnes n’ayant jamais ressenti de « trac » avant une représentation, un entretien d’embauche ou encore un examen. Ses manifestations sont celles de l’anxiété et son intensité est à son apogée juste avant la situation, mais disparait rapidement après sa confrontation. De nombreux chanteurs ou musiciens en souffrent. Ceci dit, en règle générale, le trac est plus gênant qu’invalidant. 

La timidité : Comportement réservé dans toutes les situations sociales surtout lorsqu’elles sont nouvelles.

Il y a 40% à 60% de la population qui se décrit comme étant « timide ». Contrairement au trac, la timidité peut être vue comme un trait de personnalité. On parle alors d’introversion. Caractérisée par des comportements inhibés présents la plupart du temps, ses manifestations sont donc durables dans le temps. L’anxiété et/ou la gêne sont le plus souvent ressentis dans des situations sociales nouvelles avec une intensité susceptible de varier en fonction des personnes et des situations. Cependant, ces sentiments diminuent la plupart du temps, avec la répétition de ces situations. Dans la timidité, le désir de contact est supérieur à la crainte de l’échec ce qui permet de préserver le fonctionnement social. Même si elle n’est pas considérée comme une maladie, la timidité peut avoir des répercutions négatives.

L’anxiété sociale : Une question d’évitement.

L’anxiété sociale touche quant à elle 4% d’une population au deux tiers féminine et l’installation de ce trouble est rare après 25 ans. Ce qui le définit est une peur persistante et intense, d’agir en situation sociale et de montrer des symptômes anxieux qui pourraient mener au jugement négatif des autres, et donc à l’embarras, l’humiliation et au rejet. De ce fait, les situations sociales, vécues avec une anxiété et une détresse importantes, sont souvent évitées, ce qui maintien la croyance qu’un risque existe. Ce trouble peut être handicapant et à l’origine d’une grande souffrance. Contrairement à la timidité dont les symptômes anxieux sont d’intensité faible à modéré lors de la confrontation à des situations nouvelles, ceux de l’anxiété sociale peuvent revêtir les formes de la panique : 

       . 1)  Palpitations, battement de cœur ou accélération du rythme cardiaque. 

      . 2)  Transpiration. 

      . 3)  Tremblements ou secousses musculaires. 

      . 4)  Sensations de « souffle coupé » ou impression d’étouffement. 

      . 5)  Sensation d’étranglement. 

      . 6)  Douleur ou gêne thoracique. 

      . 7)  Nausée ou gêne abdominale. 

      . 8)  Sensation de vertige, d’instabilité, de tête vide ou impression d’évanouissement. 

      . 9)  Déréalisation « sentiment d’irréalité » ou dépersonnalisation « être détaché de soi ». 

      . 10)  Peur de perdre le contrôle ou de devenir fou. 

      . 11)  Peur de mourir. 

      . 12)  Paresthésies « sensations d’engourdissement ou de picotements ». 

      . 13)  Frissons ou bouffées de chaleur. 

 

La personnalité évitante : Une généralisation des processus.

Le dernier stade de ce continuum est le trouble de personnalité évitante. Les critères se chevauchent et sont semblables à ceux de l’anxiété sociale, à ceci près, que dans la personnalité évitante, c’est la personnalité toute entière qui est affectée par la peur du jugement ou du rejet d’autrui. Ces craintes deviennent alors permanentes et au fil du temps s’opère une accommodation de ce fonctionnement. Peu à peu, les personnes ne voient plus de possibilités de changement et attribuent leurs difficultés aux autres. Les évitements sont de moins en moins reliés à l’anxiété mais sont à la place, rationalisés et banalisés. Le désir de changement disparaît et laisse place à des pensées que l’on pourrait considérer comme fatalistes. 

Une prise en charge efficace : Les TECC

L’INSERM rapporte dans ses publications les preuves scientifiques de l’efficacité de la prise en charge cognitivo-comportementale pour l’anxiété sociale. 

Afin de permettre cette efficacité, un élément va être indispensable : c’est l’alliance thérapeutique aussi appelée le « rapport collaboratif » en TECC. Cette alliance peut être définie comme le niveau de confiance et de « complicité » qui se crée entre le patient et son thérapeute. En raison de la préoccupation centrale dans le trouble (la crainte du jugement), cette confiance est d’autant plus importante dans la prise en charge. Le patient ne doit avoir aucuns doutes sur la bienveillance et la sincérité de son thérapeute sous peine de ne pas progresser. De ce fait, il se doit de prendre le temps de choisir son thérapeute avec soin, prendre le temps de trouver celui avec lequel, il se sent le plus à l’aise possible. 

Les TECC consistent à appliquer les données scientifiques issues de la psychologie expérimentale, pour proposer des méthodes de travail et des techniques de changement. Elles ont fait la preuve de leur efficacité dans de nombreuses études scientifiquement contrôlées pour le traitement de l’anxiété sociale. Le principe est simple. Il consiste à définir un objectif concret, cerner où se situe le problème et le modifier par l’action sur chacun de ces différents paramètres : comportements, émotions, pensées. 

 

Pour conclure : 

Il est fréquent que des situations sociales provoquent inconfort et mal aise. D’ailleurs, la représentation sous forme de continuum de ces quatre phénomènes permet de montrer que les processus sous-jacents qui les sous-tendent sont partagés par un très grand nombre de personne. Il  est de plus tout à fait possible de « faire avec ». Nous pouvons expérimenter un certain niveau de stress. Cependant, il peut-être plus problématique lorsque ses répercussions sur la vie sont importantes et qu’elles impactent sur le plan professionnel, social et familial. 

Qu’il s’agisse du trac, de la timidité, de l’anxiété sociale ou du trouble de personnalité évitante, tous peuvent être à l’origine de souffrance. Ceci dit, le paradoxe se situe dans le fait que la prise en charge psychologique est une situation qui peut être redoutée : une situation d’interaction.

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